Autoportrait de l’illusionniste
Le poète enfile les nuages comme des pantoufles Pour se promener dans le ciel par-dessus les cimes Délesté du poids des mots qui le portent comme un souffle Il dissimule la laideur du monde d’un échafaudage de rimes Avec un croissant de lune comme serpe d’or Il moissonne quelques rayons de soleil Pour illuminer le rêve de celui qui dort Et éclairer les chemins de l’espoir dans son sommeil Poussant le chariot de la Grande Ourse comme une brouette Il sème dans le sillon de la Voie Lactée des graines d’amour Il transporte au ciel les boutures de joie qui un jour peut-être Fleuriront dans les plaines ou entre les pavés des faubourgs Avec l’arc en ciel complice pour palette Il colorie pour les enfants des contes chevaleresques Avec l’encre de la nuit dans sa tête Il rature l’entonnoir aigri de ses visons cauchemardesques Avec le fil de son récit il brode des enluminures Pour faire des journées banales u...