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Autoportrait de l’illusionniste

    Le poète enfile les nuages comme des pantoufles Pour se promener dans le ciel par-dessus les cimes Délesté du poids des mots qui le portent comme un souffle Il dissimule la laideur du monde d’un échafaudage de rimes   Avec un croissant de lune comme serpe d’or Il moissonne quelques rayons de soleil Pour illuminer le rêve de celui qui dort Et éclairer les chemins de l’espoir dans son sommeil   Poussant le chariot de la Grande Ourse comme une brouette Il sème dans le sillon de la Voie Lactée des graines d’amour Il transporte au ciel les boutures de joie qui un jour peut-être Fleuriront dans les plaines ou entre les pavés des faubourgs   Avec l’arc en ciel complice pour palette Il colorie pour les enfants des contes chevaleresques Avec l’encre de la nuit dans sa tête Il rature l’entonnoir aigri de ses visons cauchemardesques   Avec le fil de son récit il brode des enluminures Pour faire des journées banales u...

Le crépuscule des idoles (Hommage à F. Nietzsche)

    Toi et moi sommes seuls à l’enterrement, mon cher Friedrich A sourire au milieu de ces égarés en deuil Sereins parmi tous ces gens qui pleurnichent Nous les heureux, les peu nombreux, pas une larme à l’œil.   Dieu est mort, sans fleurs ni couronne, sans tambours ni trompettes Alors bâtissons nous-mêmes les ponts pour franchir le fleuve de notre vie Les vraies ténèbres sont posthumes, même pour Lui et ses prophètes Les salariés surmenés du vide ont fui la cérémonie.   Plutôt vouloir le rien que ne rien vouloir Reste avec nous, ne nous abandonne pas, frivolité La loi du devenir est la seule justice à pouvoir Nous faire voir le monde comme volonté.   Tous ces diplômés de l’école du soupçon, Avec leur idéalisme comme insincérité devenue instinct, Ont fabriqué l’éponge avec laquelle ils effacent l’horizon L’église était le tombeau de Dieu où il s’est éteint.   Il faut porter en soi le chaos pour mettre au monde u...