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Différent

    Cet homme est différent De tous ceux que tu as connus avant Cet homme est dangereux Car il a du rêve plein les yeux   Il n’est ni voyageur ni sédentaire N’a pas de drapeau ni même un nom N’a pas d’ailes ni racines en terre Un ange ou parfois démon   Il n’est pas de ceux qu’on garde Comme animal domestique à la maison Quand tu crois qu’il te regarde Ses yeux fouillent l’horizon   Tel l’albatros, oiseau si cher à Charles Tout comme lui cherche du provisoire Il s’enfuit, impatient, quand tu parles Ses oreilles sondent l’air du soir   Attendant le chant des sirènes Qui un beau jour l’emporteront Ne le retiens pas, ce n’est pas la peine Il n’écoute ni morale ni raison   Quand ses mains sur ton corps s’attardent Tu prends ça pour des caresses Mais en fait tu le retardes Dans sa course aux promesses.

L’école de la vie

Je suivais les arbres se rendant à la kermesse Et les falaises nous faisaient belle escorte C’était les jeunes heures où Dieu était allégresse Nos prières ne restaient jamais lettre morte. Je suivais les sentiers mercenaires dans leur envol Les taquines fougères fouettaient mes jambes nues Légères étaient mes peines encore et mon cœur bénévole Accompagnait les anges qui chevauchaient mes rêves à cru. Je suivais les rochers dans cette mémoire à marée basse Des calvaires hilares parsemaient ma route obscure Des troupeaux de lumières ombrageaient mes traces J’avais déjà le verbe haut mais encore la langue pure. Je suivais le quotidien avec ses surprises Ma besace pleine de pièges à grives et de bons mots L’orage paternel offensait le ciel de ses lucarnes grises Je coloriais mes citadelles de pétales et d’émaux. Puis il y eu les conseils : je ne les ai pas suivis Il y eu des jachères et des caniveaux dans mon éducation O ù étaient la lande, et les goélands à l’école de la vie ? A...

Southampton sous la pluie

Il pleut sur Southampton Le taxi est en retard, je panique J’essaie de pas en faire des tonnes, Je ne prends que l’avion, pas le Titanic. Il pleuvra aussi s û rement sur Brest O ù personne prénommée Barbara ne m’attend Question flotte la Bretagne n’est jamais en reste Peu importe la météo, j’ai le temps. Il pleut aussi dans ma tête Ç a déborde par les yeux Sous mon cr â ne la tempête D’un cœur à l’agonie chaque jour plus vieux Une partie de ma chair est restée à Cardiff Sur le quai de la gare Un bref baiser, une caresse dans les tifs Une petite fille avec des larmes dans le regard.

Pêcheur de perles (à mon ami Patrick Musimu)

Mon destin aussi carré Que la voilure de mon embarcation Je cherche, moi aussi, L’or du temps entre les requins hilares Et le rêve que tu incarnes. La Mer Rouge porte le deuil De mes oreilles percées. Autour d’elles le gris s’accroit A chaque descente dans l’abysse, La frontière entre la vie et la mort Aussi mince qu’une bouffée d’oxygène... Le partage entre la richesse et mon sort Dépend de ta présence au creux de mes mains. Les espoirs s’effilochent au gré Des grains de sable. Je poursuis ta forme ronde Tu luis dans mon sommeil trop bleu L’astre royal cuit les rochers  Sous les larmes rouges de mes pieds. Les étoiles brillent maintenant sous mon cr â ne Il ne me reste plus que quelques secondes A peine assez pour remonter Vers l’écume blanche de l’ennui. Tu es à portée de mes doigts Si je te possède je perds la vie Si je renonce à toi  Je mourrai de ne t’avoir pas cueillie. Une lame de fond m’éloigne Tu danses dans les remous J’emporte ton souvenir pour aller voir Si les cie...

L’indifférence

Quand le soleil se couche Et qu’il se fait tard Les mots sortent de ma bouche Et les notes de ma guitare Quand un homme se met à chanter C’est qu’il a des choses à dire C’est qu’il veut faire partager Ce dont la vie l’a fait souffrir Bien sûr, partout il y a la guerre Un monde de meurtres et de violence Y a aussi des gens vulgaires Mais y a bien pire quand on y pense Refrain : Et puis y a surtout les indifférents Ils sont pas comme nous ces gens Alors tu te demandes pourquoi Et tu cherches tes différences Mais tout ce qu’ils ont pour toi C’est leur indifférence Et ils s’en foutent que t’en crèves  Tant que c’est pas sur leur paillasson Se foutent que ça brise tes rêves Casse tes illusions Bien sûr y a la menace atomique Des Ethiopiens qui crient famine Y a aussi des filles syphilitiques Des travailleurs qui meurent à la mine. Y a encore des pays de terreur O ù ceux qui refusent de se taire Sont fusillés pour cette erreur, Pour des idées égalitaires On vit un monde bien danger...

Conseils d’un père

Alors mon fils tu crois pouvoir dire La différence entre vérité et mensonge Entre le meilleur et le pire La fausse réalité et le vrai songe Entre les silences inquiétants Et les bruits de foule qui rassurent Le feu d’un regard br û lant Et la glace qu’on brise d’un murmure Reconnais-tu la haine de l’amour Et l’été de l’hiver Quand na î t la nuit et meurt le jour Aujourd’hui c’est déjà demain et encore hier Penses-tu qu’on échange Les héros contre des lâches Les choses simples pour des mystères étranges La débauche contre une vie sans tâches Et saurais-tu reconna î tre Les grimaces d’amour et les sourires hypocrites Les gens biens et ceux malhonnêtes Les paroles réfléchies et les mots dits trop vite Connais-tu des milliardaires Qui échangeraient leur fortune contre la misère Combien d’aveugles donneraient leur vie entière Contre un peu de lumière Donnerais-tu ton cœur  Au cardiaque qui se meurt Quand on ne tend même pas la main A l’enfant qui a faim Alors tu crois pouvoir dire La di...