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Les pleurs du mâle : les yeux en trou d’spleen (au grand Charles Baudelaire)

  Un matin bâtard je me suis levé débonnaire Le jour ornait la robe de la nuit d’une frange de dentelle érubescente L’obscurité émiettée s’en allait sur la pointe des pieds à bouts de nerfs Comme un cambrioleur bredouille n’ayant dérobé que l’épouvante.   La clarté, ressuscitée après un passage au purgatoire des ténèbres, N’éclaire pas encore les aspérités d’une journée qui espère, Découpant mes cauchemars en rondelles digérables le long des vertèbres. La douleur ne déviera pas sa trajectoire de mes impairs :   C’est à mon cœur de changer d’orbite. J’habite mon chagrin en locataire nomade Souverain fantoche d’un royaume qui empire vite Point de dictame pour me servir de pommade.   Aucun casse-croute à contribuer à l’auberge espagnole du bonheur Je n’ai que mon sommeil à offrir à cette Ibère nation Ma clinophilie est moquée comme délit majeur : Au pilori de la torture je tends l’autre joug avec soumission   Me...

Banquise

  Tu aimes comme une      banquise            à                la                     dérive Nuits de débauche menacées de matins coupe-gorge Ville                                             après                                                ville              tu cherches une femme ...

Visage

  Auberge des rictus en transit Et rêves en partance Zone à rides sédentaires Crevasses béantes Assez spacieuses pour être la sépulture Des chimères enfantines périmées As-tu vu mon visage Sur le bûcher de l’horloge ? Chair meurtrie par le pugilat des ans Nul trésor enfoui entre les aspérités du temps Yeux plissés d’avoir trop scruté Jambes intouchées et corsages inexplorés Paupières plus lourdes de regrets que de remords Qui se fermeront, inéluctables persiennes pudiques Sur les rendez-vous manqués des chemins Cette bouche, fosse commune qui se lamente Des poitrines orgueilleuses fuyardes Promises à d’autres dents affamées. Cœur à l’écorce plus épaisse qu’un chêne Assez fissuré pour y loger talismans et reliques J’ai adopté comme animaux domestiques Stigmates et flétrissures Je ne reconnais même plus Celui que j’ai failli être Dans l’éclaircie furtive du siècle insouciant A la transhumance des saisons