Visage
Auberge des rictus en transit
Et rêves en partance
Zone à rides sédentaires
Crevasses béantes
Assez spacieuses pour être la sépulture
Des chimères enfantines périmées
As-tu vu mon visage
Sur le bûcher de l’horloge ?
Chair meurtrie par le pugilat des ans
Nul trésor enfoui entre les aspérités du temps
Yeux plissés d’avoir trop scruté
Jambes intouchées et corsages inexplorés
Paupières plus lourdes de regrets que de remords
Qui se fermeront, inéluctables persiennes pudiques
Sur les rendez-vous manqués des chemins
Cette bouche, fosse commune qui se lamente
Des poitrines orgueilleuses fuyardes
Promises à d’autres dents affamées.
Cœur à l’écorce plus épaisse qu’un chêne
Assez fissuré pour y loger talismans et reliques
J’ai adopté comme animaux domestiques
Stigmates et flétrissures
Je ne reconnais même plus
Celui que j’ai failli être
Dans l’éclaircie furtive du siècle insouciant
A la transhumance des saisons
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