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Affichage des articles du février, 2026

Banquise

  Tu aimes comme une      banquise            à                la                     dérive Nuits de débauche menacées de matins coupe-gorge Ville                                             après                                                ville              tu cherches une femme ...

Visage

  Auberge des rictus en transit Et rêves en partance Zone à rides sédentaires Crevasses béantes Assez spacieuses pour être la sépulture Des chimères enfantines périmées As-tu vu mon visage Sur le bûcher de l’horloge ? Chair meurtrie par le pugilat des ans Nul trésor enfoui entre les aspérités du temps Yeux plissés d’avoir trop scruté Jambes intouchées et corsages inexplorés Paupières plus lourdes de regrets que de remords Qui se fermeront, inéluctables persiennes pudiques Sur les rendez-vous manqués des chemins Cette bouche, fosse commune qui se lamente Des poitrines orgueilleuses fuyardes Promises à d’autres dents affamées. Cœur à l’écorce plus épaisse qu’un chêne Assez fissuré pour y loger talismans et reliques J’ai adopté comme animaux domestiques Stigmates et flétrissures Je ne reconnais même plus Celui que j’ai failli être Dans l’éclaircie furtive du siècle insouciant A la transhumance des saisons  

Boursoufflures

  Dans les boursoufflures de la terre Où germe le chagrin J’ai marché pieds nus Cherchant du bout des orteils De la poussière d’ancêtres Une voie à suivre Un refuge dans les sillons Sagesse héréditaire pré-payée Une Bible crédible enfin. Tandis que le cuir paternel Dessinait des hiéroglyphes sur ma peau J’étais Sisyphe au berceau Reniant mon nom d’infamie Récoltant mon unique savoir Aux buissons aléatoires des chemins J’étais beau né d’âme Au nid du Verbe Cherchant un nuage où reposer ma tête tuméfiée Je voulais être cet incendie qui allume la flamme Je n’étais qu’un sans-Dieu dépourvu de femme Veuf de bras sanctuaires Assoiffé d’horizon fraternel J’avais l’élan beau Je n’en ai fait que des miettes…