Archéologie de l’enfance

 


 

J’ai cambriolé des crépuscules ternes

Et anobli les coquillages des aurores

J’ai dérobé armé de malice des trésors

Aux pirates ivres dans les tavernes

 

Creusé des mines d’or

Sous la sépulture des rois

J’ai assailli des châteaux forts

Qui capitulèrent au son de ma voix

 

J’ai cultivé des bougainvilliers squelettiques

Sur des plafonds de verre soufflé

J’ai vaincu des armées héroïques

Avec le souffle des fées

 

J’ai chorégraphié le ballet des gouttes

De pluie sur ma langue océane

J’ai bâti des échafaudages et des routes

Dans les entrailles des comètes diaphanes

 

Escaladé des montagnes incrédules

En pagne fleuri et sandalettes

J’ai apprivoisé des libellules

Au son de ma clarinette

 

J’ai hypnotisé des prairies dociles

A la force de mes orteils

Et en battant des cils

Des hiboux troublé le sommeil

 

J’ai épousé des princesses de sang royal

Elles m’ont élu parmi les gueux

Ma descendance a régné sur des empires de cristal

En offrant son sang rouge et bleu

 

J’ai fait reculer des nuits incantatoires

En leur offrant à manger et à boire

Et j’ai vu s’effilocher mes illusions

Les temples déraisonnables subir l’érosion

 

Les éclipses enténébrer les horizons

Et les camisoles adultères inventées

Me forcer au silence des prisons

J’ai porté le deuil des moissons avortées

 

D’un idéal incandescent infantile

Sur mes paumes malchanceuses

J’ai vu s’assécher la vallée fertile

De l’imagination de l’enfance heureuse

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Visage

Dernière frontière

Gouérou