Athés souhaits
La liberté a des rivages tyranniques:
La pensée a dépassé les maux.
J’ai jeté l’encre pour colorier les épaves
Les dieux ont étanché leur soif de sacrifices
Mes mots-offrandes gisent épars dans les flaques
Désaltérés des périls aléatoires du destin.
Je n’ai pour philosophie que la stratégie du hasard,
Je valse sur la cadence de la chance.
A l’auberge de l’incertain
J’ai chambre d’hôte permanent.
Pierre qui roule n’amasse pas mousse :
La roulette de la vie imprime à mon indolence ses secousses.
L’ordre universel, je le laisse affronter le jeu des forces contraires,
Ce n’est pas la loi mais l’amour qui me tient en laisse.
La caravane trépasse, les chiens aboient, je continue de me taire
Je cultive les échecs, que la vie moissonne :
Quand on s’aime, qu’importe la récolte !
On prête serment à toutes les révolutions et l’on parjure
Je souris : je suis de la doctrine de la conjoncture
C’est le vent du large qui guide le sens de mes pas
Aucune idéologie ne m’offrira de repas
Aucune idée n’est digne de mon trépas
En vain priez, votez, manifestez : rien ne change le monde
Seules les chansons bercent la misère de leurs bémols
Je laisse le progrès aller à sa course folle
Tandis que j’écoute la liturgie du rouge-gorge et du rossignol…
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