Fais ci, fais pas ça

 


 

Si mon père avait vécu pour éclairer ma route

Il m’aurait guidé dans le savoir des livres

Il aurait illuminé mon chemin sans doute

De la sagesse acquise à force de vivre :

 

Trie les fenêtres par ordre de lumière

Ne t’endors pas à l’ombre de la colère

Traite l’argent comme un poison nécessaire

Arbore ton innocence à la boutonnière

 

Lèche la sève des aurores pour y déguster la saveur du jour

Le parfum de la vie est dans les détours

Considère les urnes comme le cercueil de l’espérance

C’est le bon sens des citoyens qui gouverne la France

 

Si tu perds la raison qui te sert de boussole

Lève les yeux aux étoiles dans la carte du ciel

On a les idées terre-à-terre à voyager le nez au sol

Aveugle aux paysages sensoriels

 

Egraine les secondes comme des perles précieuses :

Leur richesse est de les dépenser sans économie

Il n’y a pas de solitude heureuse

Il n’y a pas de fêtes sans amis

 

Vogue sur les peines, elles sont le vent de la réussite

Ne porte pas le deuil de l’amour, parfois il ressuscite

Ne sois pas livide de la couche désertée

Une autre te rendra le sourire que l’absente t’a ôté

 

Caracole en tête du troupeau

Les suiveurs se nourrissent de poussière

Accueille la caresse du soleil sur ta peau

Les étoffes luxueuses ne sont que modes éphémères

 

Apprivoise l’animal et traite-le comme ton prochain

Seul l’homme te traitera comme un chien

Ne trahis jamais ton âme d’enfant

Elle ne repoussera pas comme tes dents

 

Explore les déserts comme un chercheur d’or :

La vie est plus précieuse là où elle est rare

Dans tes rêves, souris même quand tu dors

La chance n’existe que pour ceux qui se forcent à y croire

 

Ecris seul la musique sur laquelle tu danses

Respire à plein souffle l’haleine qui tricotte ton destin

Dieu respecte ceux qui tentent leur chance

Au banquet des preux ils ont mérité leur festin

 

N’écorche pas la terre sauf pour y planter l’espoir

Butine les petites joies, elles sont le miel du bonheur dérisoire

Entends la poésie dans un monde qui ne rime à pas grand-chose

C’est souvent sur le fumier que poussent les roses

 

Ainsi aurait parlé mon père

Pour guider mes pas sur la route

Et je l’aurais écouté, comme toi j’espère

Qu’aujourd’hui, mon fils, tu m’écoutes…

 

 

 

 

 

 

 

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