Jamais trop tard pour un dernier chagrin d’amour
A 85 ans j’ai l’âge où s’étiolent les rêves en lisière des sarcasmes
L’âge où croire n’est plus acte de foi mais preuve de naïveté
Où la cruauté du réel affecte les performances, pas les fantasmes
Le doute saccage irrémédiablement les visages jadis tant convoités
L’âge de péremption de cet espoir naguère ignorant des limites
L’âge des trous de mémoire dont se réjouit le cœur transpercé
Par les intempéries d’un amour pris en délit de fuite
Ces bras absents qui autrefois comme un enfant me berçaient
Grandir, c’est accumuler les jours en plus, vieillir c’est compter ceux en moins
La vieillesse est une métamorphose paresseuse quand même l’ennui passe trop loin
Maintenant que tu ne marcheras plus aux côtés de mes yeux émerveillés
Ton souffle n’effleurera plus mon cou au petit jour d’une aube mal éveillée
Je croyais connaitre ton cœur par corps
Et croyais éternelles nos étreintes charnelles
Cette tendresse que tu quémandais hier encore
Quand nos âmes se chevauchaient telles des étincelles
Les cendres enseveliront les flammes que tu avais fait jaillir
Si j’étais lâche je me contenterais de te haïr
Mais je préfère la solitude au fond du gouffre
La preuve que je suis vivant, c’est ce cœur qui souffre
J’étais l’architecte d’un décor que tu n’as pas compris
Quand mes mains sculptaient les soubresauts de ta chair
Et puisque tout, même l’amour, a un prix
Je choisis de ne garder que les souvenirs les plus chers…
(à mon ami Jean-Jacques Petton)
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