Je te donne ma parole
Si tu me prêtes l’oreille
Je te donne ma bouche
Si tu m’écoutes dans le plus simple appareil
Je te caresserai de mots qui te touchent
Ambassadrices de mes mains, mes paroles
Complices de tes bras qui les accueillent
Caresseront ta peau, brillantes comme des lucioles
Quand de mes lèvres elles franchiront le seuil
Dans mon regard qui discoure à perdre haleine
Tu verras les accents circonspects de doute et d’espoir
Les accents aigus comme la douleur et la peine
Les accents gravés au creux de ta mémoire
Par pudeur je tairai les arcs-en-ciel de mes sentiments
Car toutes les grandes couleurs sont muettes
Et parfois l’espace d’un instant le mot ment
Je préfère le silence aux déclarations désuètes
Mon courage s’élancera dans le silence sans le briser
Avec des mots timides qui ont peur d’être méprisés
Ton souffle les rejoindra à mi-chemin de l’espace
Même ceux que je tairai te suivront à la trace
Toute la semaine aura le goût de ce que je dis
Des langueurs qu’il te faudra écourter
Rien ne m’arrêtera, pas même la maladie
Tu entendras les mots de l’âge et les mots d’alité
Tu sauras les mots en tenaille qui rongent mes entrailles
A toute heure, les mots tôt et les mots tard
Te transporteront de murmure en passe-muraille
S’il le faut je ferai même parler ma guitare
Pour te faire voguer sur un océan de louanges
Puis à l’escale tu m’offrirais un sourire en échange
Car un bateau s’arrime, pas un poème qui perd pied
Alors je te propose ma prose sur papier
Gribouillée entre les lignes qui mènent à toi
Quand je t’aurai tout donné, que tu auras tout pris
Quand je serai certain que tu m’as bien compris
Je pourrai me taire maintenant que j’ai trouvé ma voie…
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