Le zoo des zozos

 


 

Un gardien de zoo qui n’aimait pas les frontières

Se disait qu’il était temps que tout change

Il décida d’enlever les barrières

Pour que tous les animaux se mélangent :

 

Ce n’est pas ma conception de la France

Que chacun reste terré dans sa cahute

A toujours parler de nos différences

Il est forcé que tout le monde se dispute !

 

Il faudrait pour bien faire

Qu’on arrête de se diviser comme des sectes

Mélangeons les poissons et les mammifères

Les oiseaux et les insectes !

 

Il lança un grand débat national qui fut un méli-mélo :

On consulta ceux qui avaient de l’éducation

Les chevelus cerfs-tifs et les bars-bac se jetèrent à l’eau

Les rats-dicos et les grues-mots proposèrent des solutions

 

On confia les travaux au rat-pelle, au rat-colleur et au rat-masse

Le rat-bâcheur fit un toit, le rat beau n’était là que pour faire joli

Le loup-chat n’y voyait pas bien mais trouvait ça classe

Tout le monde en ce paradis promit d’être gentil et poli

 

Le loup-phoque mettait de l’ambiance avec ses bêtises

Il nous faisait bien rire sur sa banquise

Le loup-fée connaissait des tours de magie

(Comme le rat-mage) mais il avait de l’aérophagie

 

Tout comme le loup-pet à qui rien ne réussit

Et le rat-pet qui sentait le gruyère

Cela amusait le perroquet, l’ara qui rit

Mais pas le rat-geai, toujours en colère

 

Le ver-geai et le ver dur s’occupaient des espaces verts

Sans le ver lent qui disait tout à l’envers

Le ver-bal parlait des danses de naguère

Et le ver-daim de ses souvenirs de guerre

 

L’endroit était propre grâce au chat-thon et son dur labeur

Qui chassait les moutons de poussière sur le carrelage

Avec son cousin le rat-thon qui était bon laveur

Et le faon t’astiques qui faisait bon ménage

 

Le paon créa un judicieux système d’orientation

Les paons-cartes indiquaient les directions

Mais il fallait faire attention aux rats-dards

Qui piquaient comme l’abeille l’oseille des chauffards

 

Mais hélas l’harmonie fut de courte durée

Du bonheur les êtres sont vite saturés

Qu’ils aient deux ou quatre pattes, debout ou alités :

Personne ne semble aimer l’égalité

 

Le bar rond et la raie-duc demandèrent des privilèges

Habiter dans leurs propres quartiers de noblesse

Les mélanger avec les rats-cailles, quel sacrilège

L’oie-gnon d’un coup de poing les blesse

 

Le bar botté profite pour les arnaquer

Vite tabassé par le bar à quai

Quand le bar baisse il n’y a plus de bars bons

Même le bar Bas-Rhin finit en prison

 

Le rat-fût, gros comme un bidon

Se plaint du bar ouf qui est trop bruyant

Le loup-stick déménage pour devenir loup-bâton

On paye moins d’impôt en s’exilant

 

Le rat-chat est d’accord, qui aime faire les magasins

Ce n’est pas le cas du rat-daim

Le rat-croc montre des dents

Le loup-bar devient menaçant

 

Le rat-peur fait des vocalises

Le bar-biche se radicalise

Tout le monde balise

Chacun fait sa valise

 

Si l’homme est un loup pour l’homme,

Chez les animaux c’est tout comme

Les bêtes embêtent aussi les bêtes,

Y en a qui se plantent, d’autres qui végètent

 

Les loups-anges malgré tout leur zèle

N’y peuvent rien bien souvent

La paix est une étincelle

Qui meurt au moindre coup de vent

 

Chassez le naturel, il redevient un galopin

Y’en aura toujours pour voler votre pain

Il y aura toujours des profiteurs, des larcins

On ne changera jamais les poux laids en poux sains

 

 

 

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