Manque de savoir-vivre
J’ai beau regarder le monde dans les yeux
Son manque de savoir-vivre me désespère
J’ai lutté de toutes mes meilleures manières
Je pense avoir fait de mon mieux
Contre cette douleur que rien n’abrège
Aucune musique ne parvient à consoler ma désolation
Alors ne connaissant rien au solfège
Comme tous les poètes je pisse dans un violon
Aux lendemains obscurs j’oppose des clairières
Je cultive l’incrédulité à l’ombre des conventions
Je sème l’exceptionnel à la lisière des lieux-communs
Je fais la sourde oreille aux malentendus
Mes hier aux objets perdus
Je sculpte l’avenir de mes demain
Poète maudit à la mode de quand,
Je m’acharne avec des vers de charniers sur le comment
Dans un état si vil que mon statut ne demande de piédestal
Je navigue à contre-pied des escales
M’ériger en égérie ? J’ai ri,
J’ai rougi et jauni à l’idée
Cabotin du cabotage, je rêve de long-cours au large
Mais on me mène en bateau, de quoi finir barge
Prendre de la distance ? S’il y a un loin palliatif
La caresse des jours est un contact abrasif
La vieillesse impose à nos envies
Une maltraitance à caractère abusif
Le souvenir d’un monde idyllique
N’existe plus que dans un sommeil éthylique
L’alcool est au premier chef un adjuvant général
Qui fait voir la vie en rose
Mais sans la senteur des pétales
Consterné par le malaise sociétal
Je n’espère pas la guérison de l’épidémie nationale :
Dans les urnes j’ignorais qu’un con valait cent
La république a de l’urticaire : des mots grattent
Et l’on nous passe de la pommade
Les citoyens se divisent en sectes
Rien n’y fait, pas même mes idées poétiquement correctes
Au milieu de ces reproches qui nous éloignent ;
Dis, comment le manque d’amour se soigne ?
Nous avons cessé de vivre avant même d’être morts
Jusqu’à être ivres et boire encore
Le chagrin n’est pas soluble dans l’alcool
Il faut assumer nos phrases et naufrages
Le vin n’étourdit pas le malheur si la vie t’y colle
Il faut réinventer l’homme du fond des âges…
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