Mutation vers le mutisme
Pourquoi s’évertuer à parler à un monde sourd
A s’époumoner pour qu’il m’entende ?
Pourquoi ces vers tués ? J’ai remisé ma langue martyre
Au pilori de l’absurde dialogue
Entre un cerveau euthanasié
Et un cœur étouffé ;
Je ne suis venu au parloir
Que pour écouter :
Les silences ont ma confiance.
J’aimerais à mots couverts me découvrir,
Te faire comprendre par un souffle ou un soupir
Ces mots que je ressens sans les connaître
Et que tu comprendrais sans les savoir
Les dénuer des langes du ridicule
Exposer aux vents ce chant insonore
Comme la souffrance fulgurante
D’une rivière en crue.
Chaque parole est une trahison de ma pensée
Que toi-même tu traduirais en mensonge…
Alors je dépose au seuil de ton oreille
Ce murmure optimiste :
Entendras-tu dans ton sommeil
Cette complainte impuissante et triste
Qui réside dans une banlieue du cœur
Où la voix se tait contre les murs ?
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