Premier lit, deuxième couche
Peindre le monde tel que je voulais le voir
La nuit a cambriolé mes couleurs
Il ne reste sur ma palette que le noir
Il suffit à esquisser les contours de ma douleur
J’aurais préféré bien sûr faire poser nues
D’adorables nymphettes et de plantureuses Naïades
Dévêtir devant mon pinceau ces ingénues
Mais je dessine mes cauchemars et mes noyades
Qu’y puis-je si mes crayons sont cyniques
Si les paysages n’inspirent pas mes pastels
Je ne peux ressusciter à coups d’acrylique
Une planète qui se suicide aux gaz mortels
A chevalet sur mes principes
Je rabote la réalité à coups de varlope
Je caricature ses blessures et j’y participe
Renonçant à la lumière pour devenir nyctalope
J’ai accouché des aurores aux forceps
Avant que la clarté ne s’émancipe de mes toiles
Je ne cherche plus à retenir le ciel de mes biceps
Je me résous à l’aveuglement inéluctable des étoiles
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