Ange des caniveaux
Je suis un humain approximatif
A l’identité poreuse
Qui réinvente ses frontières
A la lisière de l’univers
Enfanté par l’océan, bercé par le vent
Bagnard évadé des pupitres
Crachant sur le képi et la mitre
Je réinvente l’histoire du bout du roseau
Trempé dans un bras de Nil
Ou les embruns des Abers
En vain j’ai guetté la gaité de votre savoir,
Inhumain, trop inhumain,
Voué au caniveau, au crépuscule des rigoles
Je me contente du flambeau de l’instinct
Je soigne l’animal par l’animal
J’ai éteint l’incendie sous mes cheveux
Cendres placides apaisées par le désaveu
Je désapprends l’écriture ancestrale des esclaves de craie
J’attends que le fleuve de la vie me livre ses secrets
Point à la ligne :
Je laisse mon sang calligraphier ma destinée
Enfanter l’ignorance : je mesure le risque
Je n’ai rien à perdre sinon votre parole
Je la libère de sa cage, tant pis si elle s’envole
Je n’aime pas les idées domestiquées sur un perchoir
Je saute de la falaise, juste pour voir…
Vérifier cette sensation étrange
Si la plume dans ma main
Ne fut pas dérobée à la panoplie d’un ange
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