Ecchymoses
Je me suis dédouané du destin
Pour chorégraphier mes solitudes
En apprivoisant le vide
De quelques mots-passerelles au-dessus du gouffre.
J’ai déserté l’exactitude
Pour domestiquer ma mémoire
En la prenant à bras-le-cœur
Comme deux larmes qui se donnent la main.
Ma démarche aléatoire a creusé la trace impavide
Des douleurs qui s’exilent dans le sillage des astres.
J’ai cherché des visages vraisemblables
Dans tous les paysages complices
Et les sources taries.
Au fond des rivières tous les cailloux se ressemblent
Et pourtant se haïssent.
J’allais à la conquête des regards,
Hélas mes croisades butaient sur des mains barbelées
Inaptes aux caresses.
Oreilles dans le vent guettant la mélodie
D’une fraternelle ritournelle
Je n’ai entendu que des oraisons aux funérailles du monde
Aucune fissure dans la muraille !
Mon chant s’est échoué sur les lèvres du rivage
Là où la falaise fracasse l’espoir
Et où fanent les moissons stériles ;
J’ai dispersé mes derniers fragments de courage
Dans les prairies brûlées
Je négocie le répit de mes ecchymoses…
Inutile combat dans l’arène de l’indifférence,
Je me fais déserteur de l’humanité incurable
Pourtant elles avaient fière allure mes blessures !
Je les panse, donc je fuis…
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