Homme noir

 


 

Homme noir je viens ici parler à tes paupières

Pour les sommer de s’extirper des marécages

Se fermer aux barricades des différences meurtrières

Et j’ordonne à ton cœur de sortir de sa cage

 

Homme noir je viens resusciter ton nez

Te rappeler l’odeur des libertés détruites

Le parfum des fleurs sauvages bâillonnées

Et demande à ton esprit de prendre la fuite

 

Homme noir je viens te supplier de relever la tête

Tes vertèbres fières ne sont pas conçues pour plier

L’échine devant les tyrans comme tes ancêtres

Et je ne veux pas voir ta mémoire oublier

 

Homme noir je viens apprendre à tes lèvres

Qu’elles ne sont pas réduites au silence des baisers

Mais faites pour crier la rage et traduire les rêves

Et ne pas laisser la liberté se faire apprivoiser

 

Homme noir immobile que la peur paralyse

Je viens transfuser à ton âme qui redoute

L’audace de naviguer sans phare ni balise

Ton cœur mieux que la boussole trouvera la route

 

Homme noir qui a baissé les bras, lève le poing

Ombre de toi-même parmi les oubliés et les bannis

Prends ma main, nous serons vite rejoints

Par des frères marchant contre la tyrannie

 

Homme noir ne laisse pas la haine aveugler ta revanche

N’inscrits pas mon nom avec l’ennemi sur ta liste

Ma peau est sœur de la tienne, même si elle est blanche

Nos sangs tous les deux rouges contre les colonialistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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