Momification de la douleur
Je connais trop les dangers de labourer le sommeil
Et voir germer la mémoire
Et fleurir les cadavres sous leurs draps de granit
J’habille le rationnel d’une toge d’oubli,
Une orchidée dans les cheveux
Comme une femme des îles
Dont j’habitais les lèvres sableuses.
J’enrobe le vide d’une écharpe de soie
Comme pansement sur les cicatrices
Les mots rageurs ne stopperont pas l’hémorragie
Mais la douleur aura l’air d’une momie.
J’ai enterré la hache de guerre lasse
Pour fuir le pays des souches
A la racine du mal
Mon but : trouver l’arbre, y traire la sève
Des volcans provisoires
Comme une pommade apaisante.
Le bon sens n’aura jamais raison de ma réticence
Et ma rétine est sourde aux médisances
Mes yeux déshérités de la silhouette aimée
Se cognent contre l’horizon
Sur les collines qui irradient comme des mamelons ambrés
Où mes cils papillonnaient
Comme des lucioles insurgées avant l’exode ;
Pour en oublier le goût
J’ai braconné quelques grimaces mais en vain
La solitude carnassière s’est faufilée
Entre mes oreilles par effraction
Tes hanches s’abreuvent de danses nouvelles
Aux oasis de la trahison
J’attends que s’ouvrent les portes de l’enfer
Pour postuler comme concierge…
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