Paysage nocturne
Un clair de lune balafré faisait de l’ombre aux étoiles
Qui se disparaissaient dans un halo de modestie
L’esquif de ma métamorphose avait déchiré ses voiles
Sur des récifs que la nostalgie avait travestis
Un chemin tellement sinueux qu’il s’est perdu
Jusqu’aux falaises veuves d’horizon
La brume affine sa silhouette de privilèges vagabonds
De désarroi, elle voile un monde à l’avenir suspendu
Elle est la sentinelle du partage des ombres tombées du nid
Elle sait les mensonges de la terre égoïste
Qui dissimule les diamants dans les labyrinthes de l’insomnie
Je suis ce champ de bataille où la défaite persiste.
Mon discours nu est l’oracle de la discontinuité
Le châtiment de mes enfantillages évasifs
Je suis le passager clandestin de la légèreté
Victime d’aurores aux haleines de présages négatifs
Les ténèbres éparpillent les anges dans un exil salutaire
Terrassés par l’incurie au seuil de la rédemption
L’écho ordonne aux espoirs de se taire
Le rêve atteint sa date de péremption.
Et l’espérance ne sait pas que je parle d’elle
Je regagnerai mon lit bien avant le fleuve
L’hiver anoblira la résistance des hirondelles
La tempête lavera mon âme comme neuve.
Et si le jour faisait une grasse matinée réconfortante ?
Pour empêcher encore une fois que le soleil ne se vautre ?
Pour que dure l’extase de la nuit incandescente ?
Et si derrière ce crépuscule je n’en voyais plus jamais d’autre ?
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