Aristo de la rue, seigneur des trottoirs
Ce regard de dédain que tu jettes
Sur cet homme dans la rue accroupi
Bien au chaud derrière ta fenêtre
Tes yeux remplis d’ironie
Il vaut plus que toi peut-être
Avec ton compte en banque et tes économies
Il pousse sa petite chansonnette
Pour quelques pièces et l’espoir d’être applaudi
Tu ne le sais pas, mais c’est un grand poète
Qui vit libre à la force de ses harmonies
C’est un voleur de mots, un pickpocket
Qui dérobe les sentiments pour en faire des mélodies
Contrairement à toi, il refuse de se compromettre
A la dictature du confort et de la monotonie
Sa vie tient à un fil mais il n’est pas une marionnette
Victime des patrons, du système, de la démagogie
Il ne voit pas le monde par le petit bout de ta lorgnette
Se fout de la politique et des idéologies
Surtout celles qui s’imposent par les mitraillettes
C’est pas à lui qu’on fera une lobotomie
A grand renfort de baïonnettes
Il s’en tape des libéraux yankees
Et des cocos soviets
Sa guerre froide c’est son corps affaibli
Par le gel qui mouille sa couette
Il emmerde les défilés et leur cacophonie
Sauf celui des majorettes
Alors épargne-lui ta généalogie
De bourgeois honnête
Sa grand-mère à lui
On ne lui a pas rasé la tête
Garde ta pédagogie
Il vit au pifomètre
Il se nourrit de ses utopies
Sans tes dieux et tes prophètes
Il n’a pas besoin de ta mythologie
Pour faire des plans sur la comète
Il te laisse tes allégories
Tes icones et tes amulettes
Tes rituels et tes cérémonies
Lui son vrai casse-tête
C’est pas la mélancolie
Ce serait plutôt le thermomètre
Ramasse ta panoplie
D’idées obsolètes
Sur le progrès et compagnie
La cuillère en argent qu’on t’a offerte
Carre-toi la au plus sombre de ton anatomie
Le CAC 40 pris dans la tempête
C’est pas à lui que ça va donner des insomnies
Il n’est qu’un interprète
D’un monde à l’agonie
Rédigeant l’épitaphe d’une planète
Qui meure se libérant de votre hégémonie
Pendant que vous tournez la tête
A vous donner le torticolis !
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