Il y aura…

 


 

L’aube naîtra de la nuit et de ses cendres

Et il y aura l’aurore à écarquiller d’un geste tendre

Avec un cil pour pied de biche, sans la blesser

Dans l’écho de la symphonie des draps froissés

Par les danses nocturnes de nos insomnies fécondes

Où seule la lumière est immobile au reste du monde

Dans la valse des murs et du plafond complices

Il y aura le jour pour se reposer des rêves factices

Et des sommeils volcaniques incandescents

Eteindre la lanterne des réveils éblouissants

La sieste sur un nénuphar ou une plage

Tes seins défiant l’océan du regard

Et ma main impatiente de leur faire prendre le large

Avec ma paume comme radeau dans le brouillard

Il y aura tes jambes comme des échasses

Enjambant mes trous de mémoires

Ballerines du quotidien inaccessible hélas

Au commun des mortels étrangers à notre histoire

Nous glisserons derrière le grillage du temps

Nous moquant de son sablier sentinelle

Avec des jeux plus de notre âge, comme des enfants

Qui poussent du pied leur cœur sur la marelle

Ce cœur qui crépite à rebours de notre jeunesse

Parce que nous avons mis la mort en quarantaine

Derrière un rempart d’amour et de caresses

Le Styx ne nous verra pas passagers mais capitaines

Nous planterons des printemps en toutes saisons

Pour nous coucher dans les blés des moissons

Piétinant les nuages de nos blasphèmes

Sur les sentiers de nos étreintes bohèmes

Il y aura ton regard qui interrompt l’horizon

Pour déchiffrer les lendemains de miel

Il y aura le jus des fruits défendus à foison

Qui murissent en nous même sans soleil

Et tes mains pour les cueillir sous le nez des anges

A la saison où l’amour se vendange…

 

 

 

 

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