Faire et défaire
Je sais les astres et leur course hasardeuse
Je sais les oasis rebelles au creux des dunes
Je sais les chemins défendus des amours scandaleuses
Mais j’ignore les raisons de ton sourire en clair de lune.
J’ai passé la main quand le jeu n’en valait pas la chandelle
J’ai passé ma vie à survivre
J’ai passé mon tour quand il fallait tirer sur l’hirondelle
Mais j’ai dépassé les bornes de ta route si facile à suivre.
J’ai fendu le bois pour mieux brûler ma jeunesse
J’ai fendu le cercle des badauds pour me faire troubadour
J’ai fendu la bise de ma frégate avant que l’orage ne naisse
Mais j’ai défendu mon pont-levis à tes invasions d’amour.
J’ai fait les 400 coups sans jamais les compter
J’ai fait la pluie et le beau temps en toutes saisons
J’ai fait l’oraison des fantômes en des châteaux hantés
Mais j’ai défait le lit de nos amours sans raison.
J’ai pensé à m’immuniser quand ils ont voulu m’instruire
J’ai pensé à balayer mon seuil de leurs certitudes poussiéreuses
J’ai pensé à blinder ma carapace de dur à cuire
Mais j’ai dépensé vainement le temps de tes années précieuses.
J’ai bâti des citadelles conviviales étrangères au blason
J’ai bâti des refuges de beauté dans les bras de l’arc en ciel
J’ai bâti des croyances à la seule force de mon crayon
Mais j’ai détruit ton cœur de promesses artificielles
J’ai navigué sur les écueils des saisons écartelées
J’ai navigué les océans, on a vanté mes talents de capitaine
J’ai navigué les adultes, leur faisant payer mes dents de lait
Mais j’ai naufragé ta vie qui sombra dans la peine.
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