Les draps d’Andréa
A ma mère je dois ma naissance
Mais c’est toi qui m’as donné le jour
Réveillé de ma panne des sens
Habillant ma vie nue de velours
Ta bouche en forme d’alliance
Marie ton visage à mes doigts
Qui arpègent l’arc en ciel de silences
Egrainant la mélodie de nos ressemblances
Tu es mon toit, seule entre le ciel et moi
Ton regard comme un papier cadeau
Enveloppe mon corps avec tes cheveux pour ruban
Sur tes hanches qui ondulent je suis le radeau
Qui dérive à la merci de tes courants
Tes bras sont une auberge
Où j’ai pension
Tes jambes les berges
Du ruisseau fruit de ma passion
Les pans de ta nuisette
Une fenêtre entr’ouverte
Sur le fruit défendu
Où je suis attendu
Après des lunes suspendu au fil de ta voix
Tes lèvres imaginées comme le baiser de l’air
Nos échanges épistolaires
Mes nuits en chien de fusil ou bras en croix
Les rêves que l’aube délivre et que la nuit séquestre
D’un papillon noir sur un lit de roses
Chevauchée folle, étreinte équestre
Corps à corps au combat d’ecchymoses
Nos nous sommes mélangés à en perdre la tête
A enchevêtrer tous les os de nos squelettes
Lesquels sont à toi, à moi, quelle importance ?
Nous n’attendons des matins aucune délivrance…
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